mercredi 16 novembre 2011

CIANJUR 2

Ce matin, je suis parti à la découverte de la campagne cianjudaise.
bien sur, les champs de riz viennent jusqu'entre les maisons.
le riz est la spécialité locale, et on m'a dit qu'il était d'une qualité exceptionnelle.
contrairement au nord vietnamien, où toutes les rizières étaient plantées, récoltées, labourées en même temps, donc une harmonie des couleurs. ici, il y a 3 récoltes par an et on peut avoir un champ labouré qui côtoie un champs fraîchement planté. C'est l'équateur, chaleur presque constante, l'eau provenant des pluies pendant la saison humide, de l'irrigation pendant la saison sèche.
Les rizières occupent surtout la plaine, mais le relief est accidenté.
En hauteur, les plantations de thé et la forêt où m' emmène la randonnée d'aujourd'hui
départ de chez yudi avec Daffid (et non david) en transport en commun direction Sikabumi.
Nous quittons notre angkot à une 20 aine de kms.
On serpente d'abord sur les murets des rizières avant d'attaquer la colline.
Ça monte fort, il fait chaud et le chemin est hyper glissant.
Des mobilettes nous dépassent... mais comment donc font-ils ?
Tout simplement elles sont équipées de chaînes à boue.
On est dans un environnement peu propice à l' agriculture, et pourtant il y a pleins de monde. Les jardins ne sont pas tirés au cordeau, mais je voie beaucoup de légumes, souvent en culture associée (des salades avec des piments, des patates douces avec des haricots verts...)
On s' arrête à une première cabane, 3 mètres sur 4. Une veuve vit là avec ses trois enfants, ou devrais-je dire survit là.
Outre la culture des légumes, riz, confection de fagots de bois, les paysans font du sucre roux.
Un palmier pousse à l'état sauvage, ils l' incise pour recueillir sa sève, qu'ils ramènent à la maison dans des tubes de bambou.
On rentre dans une maison, où une femme est en train de faire chauffer ce jus pour faire le précieux sucre. Il fait une chaleur à défaillir. La femme finit pas faire 5-6 rouleaux de ce sucre et daffid me montre le produit fini, (conditionné dans des feuilles de palmiers) tel qu'il sera vendu au marché.
les indonésiens sont de plus en plus friands de produits authentiques (eux aussi) et préfèrent ce sucre roux au sucre blanc.
On mange chez cette dame (notamment du jake fruit cuit) et c'était très bon.
beaucoup de maisons fabrique du sucre (facile à voir avec la fumée qui sort du toit)
On voit plusieurs fois de grosses bottes de « lemon grass » alors que je n'ai vu nulle part une culture intensive de ce condiment.
très belle promenade.
Daffid m'a entraîné dans sa maison pour me présenter sa fille, qui part à Paris pour un an « au pair »
C'est la première fois que je vois chez quelqu'un un drapeau français. Autant les américains, Suisses, Allemands ...sont fiers de leur drapeau et l' exhibent sur leurs voitures et maisons, autant les français ont une certaine honte de cet insigne, pour ne pas parler des drapeaux qui flambent.
La fille a donc un contrat pour venir en France pour une durée de 1 an.
mais elle doit passer d'abord un examen justifiant une connaissance suffisante de la langue française. et elle doit s' engager de rentrer au pays au terme de cette année, et de ne pas se marier (!!!).
Le père veut donc profiter de l'occasion pour faire du tourisme en France, et pour obtenir un visa, il doit bloquer en banque la somme de 15 000 euros.
La France prend des garanties pour être sûr qu'il ne reste pas sur le territoire.
Je pense qu'on est particulièrement dur avec les indonesiens, ou plutôt pas assez avec d'autres.
Il est indéniable que les indonesiens ont une tendance à quitter leurs îles surpeuplées
revenons à la fille : il a fallu que je lui fasse la lecture, pour entendre l'accent d'un « vrai » français. Elle m'a montré un livre de Paris avec les monuments le long de la Seine. Je lui ai expliqué que le pouvoir indonésien avait systématiquement détruit les vestiges coloniaux (et elle m'a confirmé qu'il continue à le faire) alors qu'on France, on préserve les vieilles pierres, chargées d'Histoire. Et Paris est riche en Histoire (avec un grand et un petit h)
Daffid a travaillé, il y a de longues années, dans le ONG pour sauver les peuples du cambodge, et c'est une de ces personnes qui va accueillir sa fille à Sevran, nourrie, logée, blanchie et 100 euros par semaine.
Je lui ai copié les chansons françaises de mon MP3 : elle a été très contente.
retour chez yudi
Je quitte demain direction Bandung.

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